Paris: A la conquête de l'Europe


L'heure approche. La résistance s'organise, les forces offensives se bonifient. C'est une première bataille pour le règne de l'Europe qui approche. La tension est palpable mais l’excitation s'invite dans les cœur des conquérants d'un soir. Le mirador de fer parisien tourne son regard en direction du sud, les troupes se préparent. Paris attaque Madrid.


Celui qui avait triompher la France il y a bientôt vingt ans devra s'attendre à un amour moins fusionnel en ce soir du quatorze février prochain. Le tacticien, généreusement décoré de sa longue et valeureuse carrière dont les initiales sont signées d'un double Z, est affaibli par une pénible saison qui ne lui réussi pas autant que l'année passée. Pourtant, une main ne suffit pas pour compter les redoutables armes des Merengues.

C'est bien dans cet indispensable esprit de conquête que les hommes d'Unai Emery devront aborder cette rencontre ô combien importante. Avoir la certitude d'attaquer une maison blanche devenue faible serait une erreur capitale.

Récemment éliminé de la Coupe du Roi par Leganès, l'équipe menée par Zinedine Zidane peut également faire une croix sur le tire de Liga devenu inaccessible. Un exercice 17/18 qui rend cette Ligue des Champions un objectif primordiale pour la continuité du club en Europe.

Loin de réaliser sa meilleure saison sous le maillot de Madrid, Christiano Ronaldo est un homme que l'on ne présente plus. Première arme offensive des madrilènes, il est l'auteur de huit des douze buts inscrits par son équipe lors des phases de poule et participera à son cent-quarante-huitième match de C1. Il ne faut pas se tromper d'adversaire, cette Ligue des Champions est déjà ben enracinée dans les terre de la capitale espagnole. Tenant du titre des deux dernières éditions (douze au total), Ronaldo en est également le meilleure buteur (115) mais aussi le meilleur passeur (37). Le Paris Saint-Germain est donc prévenu.

Si CR7 sera assurément le joueur le plus observé de cette rencontre, Neymar devrait l'être tout autant. C'est justement dans ce genre de rencontre que le prodige brésilien doit justifier son prix en apportant un réel plus à son équipe, soit par le jeu, soit par le but. A titre plus personnel, ce sera l'occasion ultime pour le numéro dix parisien d'actionner une possible passation de pouvoir du ballon d'or. A condition bien sûr, de se montrer plus productif et plus efficace que le portugais.

Rappelons que le PSG n'est pas la meilleure attaque d'Europe pour rien. Si certain remettent encore et toujours en cause une éventuelle différence de niveau entre Paris et le reste des écuries françaises, rappelons toute fois qu'aucun club des cinq grands championnats ne marque autant que l'actuel leader français et qu'une victoire par huit buts d'écart reste quoi qu'il arrive une performance remarquable et ce peu importe l'adversaire.

Si Madrid ne présente qu'un seul serial buteur en activité, la charnière centrale espagnole peut avoir du soucis à se faire. Ce sont pas moins de trois grands buteurs affutés et obstinés par le but qui se présentent à eux. Le premier, Neymar, est déjà bien connu du stade Bernabéu. Auteur de six buts en autant de match de C1 avec Paris (dont un doublé), l’ex-Barcelonais sait se jouer des meilleurs défenseurs pour conclure, voir créer une action venue d'ailleurs.

Zinedine Zidane avait fait son maximum pour enrôler le meilleur espoir français mais c'est finalement à Paris que Kylian Mbappé a posé ses valises. Buteur par quatre reprises en phase de poule, il est le troisième scoreur de son équipe en C1, derrière son homologue brésilien ainsi qu'un certain Cavani.

Le désormais meilleur buteur de l'histoire du PSG avait lui trouvé autant de fois le chemin des filets que Neymar lors de cette même période.

Alors que le PSG devra se concentrer sur un joueur en particulier, la défense de Z.Zidane risque d'être fortement mise à contribution par ces trois derniers. Avantage à Paris.


Qui de Diarra ou Motta? C'est une question qui n'est pas des plus simples à résoudre. L'homme aux 34 sélections sous le maillot tricolore, fraichement arrivé au Parc des Princes, sera t-il apte à disputer une rencontre d'un tel niveau? La même question peut également se poser pour Thiago Motta qui revient seulement de blessure. A défaut d'avoir réussi à débaucher Fabinho de Monaco l'été dernier, Paris doit faire avec un Motta en fin de course et un Diarra à relancer. L'ancien marseillais qui avait auparavant porté le maillot de Madrid par cent-vingt-quatre reprises (toutes compétitions confondues) n'a disputé que 7 matchs officiels depuis mai 2017 (avant de s'engager avec Paris). Si l'on reconnait aisément les nombreuses qualités de l'homme de trente-deux ans, on ne sait finalement pas vraiment ce qu'il en reste.

Bien sûr, les éventuelles inquiétudes ne viennent pas du côté de l'attaque. Si les arrivées de Neymar et Mbappé contribuent fortement aux invasions des arrières gardes adverses , c'est aussi et malheureusement au dépend de la défense. Paris est une équipe qui a pour habitude d'avoir la possession du ballon et par conséquence, de ne pas subir le jeu. Hors, lorsque l'équipe se fait gentiment persécuter, un manque d'agressivité se fait ressentir au milieu de terrain mais aussi et surtout sur les côtés. Kurzawa et Alves apportent grandement en soutien des attaquants, mais expriment des difficultés sur les replis défensifs lorsque le ballon est perdu au milieu de terrain. Attention donc aux pertes de balles et aux débordements sur les ailes. D'autant plus que Madrid ne manque pas de joueurs rapides pour y créer le surnombre.

En plus d'une défense trop peu mise en difficulté pour en tirer des conclusions claires lors des matchs à haut niveau, les doutes et questionnements persistent autour d'Aréola. S'il n'y a bien évidemment peu de suspense autour de sa titularisation pour ce match, il est jugé responsable par bon nombre de supporters du but encaissé sur le coup-franc de Nabil Fékir par son mauvais placement (défaite à Lyon 2-1). Un cruel manque d'exploits se fait ressentir sur le long terme. Le portier français doit s'attendre à un match bien différent. A n'en pas douter, il sera mis à contribution deux à trois fois plus qu'en championnat et la moindre erreur risque de lui être fatale. A lui mais aussi à son équipe.

Faut-il s'attendre à une titularisation surprise de Trapp? Pas vraiment. Si de nombreux fans et spécialistes ont jugés son match acceptable en Coupe de la Ligue (victoire à Rennes 2-3), il est utile de rappeler que les trois derniers tirs Rennais ont terminé leurs courses au fond des filets (dont un but refusé pour hors-jeu).

C'est donc une septième bataille entre Madrid et Paris qui se présente à nous. La quatrième depuis le mythique stade de  Bernabéu.

Statistiquement, les chiffres ne sont pas à l'avantage du Paris Saint-Germain. Sur les trois précédentes rencontres au cœur de Madrid, les parisiens n'ont remporté qu'un match pour seulement deux buts inscrits et quatre encaissés.

Pour autant, il ne faut pas se mentir. Ce sont bien les joueurs d'Unai Emery qui porte la casquette de favori. Il est clair que le Réal Madrid n'est pas au mieux de sa forme. Attention donc de ne pas laisser mentir les faits et de donner l'occasion à Ronaldo et son équipe de prouver qu'ils sont encore au niveau d'une troisième Ligue des Champions d'affilé. Un animal affaiblit est un animal qui attaque. Paris est prévenu, aucune excuse ne pourra être tolérée, car c'est bien la réputation du club et du football français qui est en jeu. 

Si la première de nos batailles consiste à trouver un arrangement à l'amiable en ce soir du quatorze février prochain, le devoir nous appel à nous engager aux côtés des parisiens. C'est un match ô combien important pour le PSG. C'est une réputation et une image qui est en jeu. Sortir Madrid de la compétition n'est pas donné à n'importe quelle équipe, mais une élimination dès les huitièmes de finale faisant suite à un investissement de plus de trois-cent millions d'euros l'été dernier tournera au ridicule. Aussi bien pour le club de notre capitale que pour le championnat de France. Il ne reste plus qu'une seule chose à faire: attaquer, afin d'éviter de se retrouver au cimetière des illusions.


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